Serge Guégan : une vision prospective forte, originale et globale de l'agroalimentaire, de la société et du consommateur, aux niveaux mondial et local. Phone : 33 (0)6 08 31 72 66 - E-mail : serge-guegan@serge-guegan.com - Voir aussi : Food Intelligence - CV de S.G.
Agriculture Mondiale : OCDE & FAO - Perspectives 2007-2016 (cliquer ici)Industrie Alimentaire Mondiale : The World's Top 100 Food Companies (cliquer ici)World Food Industry 2025 : click here and here Distribution Alimentaire Mondiale : DELOITTE : Global Powers of retailing (cliquer ici)Industrie Laitière Mondiale : The World's Top 100 Dairy Companies (cliquer ici) Industrie Alimentaire Européenne : CIAA - Food & Drink Statistics (cliquer ici) Industrie Alimentaire Française : ANIA (cliquer ici) Environnement : Worldwatch Institute (cliquer ici) Pays émergents : Mc Kinsey - The value of China's emerging middleclass (cliquer ici)Firmes émergentes : BCG "The 2008 BCG New 100 Global Challengers" (cliquer ici)Firmes innovatrices : Booz Allen Hamilton "The Global Innovation 1000" (cliquer ici)Nouvelles Technologies :Gartner "Top Predicts 2007" (cliquer ici) Insécurité Alimentaire : FAO - The State of Food Insecurity in the World 2006 (cliquer ici)Construire un monde durablement libéré de la faim : FAO "Webcasting from FAO" (ici) Diversité / Mondialisation : UNESCO & Diversité Culturelle (ici)
"PENSER L'AGROALIMENTAIRE MONDIAL DE DEMAIN"
■ Qui suis-je ? - Un homme de réflexion et de conseil dans l'agroalimentaire
Serge Guégan - ESCP 75, Doctorat Paris IX-Dauphine,…Une expérience de près de 30 années dans l’agroalimentaire, dont 10 dans l’industrie et près de 20 dans le conseil et les études. Dans ce dernier domaine Serge Guégan a occupé auparavant des fonctions de direction, d’animation et de conseil dans les cabinets Sorgem, Gira, Stratega (études de marchés prospectives et stratégiques multi-clients haut de gamme) et Deloitte. Serge Guégan dirige actuellement le cabinet Food Intelligence (conseil en intelligence stratégique & marketing agroalimentaire) dont il est le fondateur (télécharger la plaquette). Consulter leCV de Serge Guégan : ici - Investir sur et avec Serge Guégan: ici
(1) : réflexion prospective sur l'agroalimentaire de demain, ses acteurs, ses enjeux : stratégies des firmes globales, nouveaux défis du marketing agroalimentaire, globalisation, nutrition-santé, innovation, terroir, environnement, sécurité, qualité, produits frais, les marques, Industriels et Grande Distribution, le Consommateur, OMC, Europe Agroalimentaire, Pays Émergents, avenir de l'industrie agroalimentaire dans le Monde, en Europe, en France et dans ses régions... (2) : formation interne ou externe : marketing, stratégie, intelligence stratégique, veille, prospective, bases de données "entreprises", management,...
■ Ce que je pense (lecture déconseillée aux esprits conformistes humouro-déficients et allergiques aux néologismes) :
- Mon diagnostic : l'Hypernormalisation du monde...ou l'uniformisation totale ! La paix confortable du mensonge général ou le conflit dérangeant des vérités particulières : je choisis la seconde alternative.
1)MONDIALISATION UNIDIMENSIONNELLE, globalisation, "financiarisation", ultra-concentration - outre la situation de blocage inéluctable à laquelle mènent ces fléaux - uniformisent les produits et les esprits tout en creusant les inégalités. Ce processus - mené à vitesse accélérée depuis la Renaissance, au nom de l'Homme, de la Liberté et du Savoir ! - est quasi-achevé. Dans sa forme actuelle il est d'ores et déjà totalement intolérable. Et ce d'autant plus que la richesse (matérielle) globale de la planète n'a jamais été aussi grande et continue à grandir. L'interdépendance planétaire croissante des hommes, des activités et des systèmes - au demeurant inscrite dans le destin de l'Humanité depuis son apparition dans un monde fini - n'est pas en soi une bonne ou une mauvaise chose : la question n'est pas là ! La seule vraie question est de savoir si la mondialisation (ou la globalisation) peut s'opérer sans faire disparaître la diversité. Pour moi la réponse est : NON ! Ce qui ne fait pas de moi, n'en déplaise aux réductionnistes de tout poil, un antimondialiste borné ou un altermondialiste candide, loin s'en faut... mais juste un citoyen du monde, autonome (pourvu que çà dure), réactif et critique, qui revendique le droit de penser sans adhérer au Dogme. J'ai juste une conviction que je partage avec Paul Valéry : "Il y a deux choses qui menacent le monde : l'ordre et le désordre". Dans le propos que je développe ici l'ordre c'est la norme, le désordre c'est la peur, l'hypernormalisation c'est la terreur !
+
2)CONDITIONNEMENT MÉDIATIQUE : notre toute puissance technologique, associée à la mondialisation et à l'ultra-concentration, rend possible l'hyper-médiatisation, la virtualisation, le matraquage médiatique par le bas à l'échelle planétaire, sinon la manipulation totale. Internet joue un rôle déterminant dans ce processus d'aliénation totale, n'en déplaise à ceux qui pensent qu'Internet, en rendant possible, en théorie, la diffusion incontrôlée de tout par tous, favorise la diffusion des informations et des analyses alternatives. Car en pratique nous ne sommes pas égaux devant l'Internet et nous le serons de moins en moins. Là comme ailleurs l'argent est maître...La diversité d'Internet est bel et bien menacée. Joël de Rosnay nous prédit pourtant "La révolte du pronétariat". Cette révolte peut se produire - elle se produit. La question est de savoir sur quoi elle peut déboucher : sur une nouvelle démocratie mondiale virtuelle - donnant à chacun l'illusion que parce qu'il peut s'exprimer et se défouler à un niveau planétaire il contribue avec l'humanité toute entière à changer le monde - peut-être ; mais sûrement pas sur une nouvelle démocratie réelle capable de confisquer le pouvoir aux puissants traditionnels et de se prendre en charge...
= HYPERNORMALISATION MONDIALE DES PRODUITS ET DES ESPRITS :
8 conséquences/formes lourdement négatives :
ConséquenceI : l'Hypermondialisation, une économie planétaire globalisée et uniforme, de moins en moins locale et multiple, dominée par quelques centaines de décideurs, qui devient de plus en plus financière, virtuelle, improductive, destructrice, déshumanisante. En particulier, la diminution rapide (en quantité, qualité, et surtout en variété) des opportunités individuelles d'agir et d'entreprendre de manière autonome dans tous les domaines, et notamment dans la sphère économique, est un des principaux freins à la croissance de l'activité productive au niveau mondial. Mais pas un frein à la croissance des activités financières spéculatives (véritables usines à gaz susceptibles de faire exploser à tout instant le système économique mondial)improductives qui tendent à détourner une partie toujours plus grande de la richesse mondiale au profit d'une minorité d'individus (çà encore c'est humain!) ou de structures qui transcendent l'humain (çà c'est insupportable!). L'appropriation par les plus riches - donc les plus puissants - du progrès technologique, notamment dans le domaine des nouvelles technologies de l'information et de la communication (NTIC), renforce l'hypermondialisation et rend possible la mise en place d'un nouveau totalitarisme des esprits, au profit de l'argent, beaucoup plus asservissant que tous ceux que l'Histoire a pu générer d'ordures depuis ses origines. Vous voulez un seul exemple ? Eh bien allons-y : GOOGLE. La pire saloperie de tous les temps. Je mets au défit n'importe quelle personne honnête, un peu au fait de ce qui se passe sur internet, de me prouver le contraire !
Conséquence II : l'Hyperconcentration de la richesse et l'accélération de la production de l'exclusion : une fracture humanitaire mondiale qui s'élargit rapidement, avec de plus en plus d'"exclus" définitifs et d'"inclus" (pour combien de temps) fragilisés. En fait, la fragilisation, en rapport direct avec l'artificialité montante de l'économie, touche tous les acteurs, toutes les structures et superstructures : avec aux premiers rangs de ces dernières des Etats-Nations et des systèmes nationaux de sécurité sociale déficitaires et endettés, des organisations internationales et des systèmes internationaux de régulation à la botte des grandes puissances "publiques" et "privées". Certes, tout cela n'est pas nouveau...Ce qui est nouveau et grave c'est l'accélération du processus qui rend de plus en plus délicat et improbable sa maîtrise raisonnée au profit du plus grand nombre...L'impossibilité d'avoir un logement décent (ou un logement tout court) est l'une des manifestations les plus intolérables de l'exclusion (pour s'en convaincre cliquer ici). Mais l'exclusion atteint tous les domaines, même ceux qui, par construction, sont faits pour lutter contre l'exclusion : ainsi en va-t-il, par exemple, de notre syndicalisme dont la mission consiste aujourd'hui à protéger exclusivement les privilégiés de la classe moyenne qui sont dans les grandes entreprises et croûlent sous les avantages acquis... A cet égard on ne peut que se révolter contre l'inégalité des citoyens à se faire entendre, selon qu'ils sont employés dans des grandes structures corporatistes (SNCF, RATP, etc.) capables de paralyser et d'emmerder tout un pays quand elles font grèves ou, au contraire, dans des millions d'entreprises individuelles, de TPE et de PME impuissantes !
Conséquence III : l'Hyperrupture écologique, l'accélération des déséquilibres environnementaux, peut-être, sinon sans doute, irréversibles. Incapacité collective à prendre des mesures correctrices de fond, tout simplement parce que celles-ci remettent en cause le système dans son ensemble... Même si vous ne souhaitez pas vous remettre en cause - ou si vous pensez, comme moi, que l'environnement est un énorme problème mais pas, pour autant, la finalité suprême - une petite consultation du site de la Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l'Homme (cliquer ici) ne vous mangera pas votre pain. Personnellement je ne suis pas complètement d'accord avec la première proposition de son "Pacte Écologique" en ce sens que ce n'est pas d'un "vice premier-ministre chargé du développement durable" dont nous avons le plus urgemment besoin (je ne dis pas que ce n'est pas nécessaire) mais, plus fondamentalement, plus globalement, d'un vrai Président de la République qui, avec tous les autres chefs d'État responsables de la planète (j'espère qu'il y en a beaucoup...), mettrait l'Humanité Durable (cf. notre conclusion infra) au coeur de son projet et surtout de son action ! Car, en effet, le Président de la France, pour être le grand leader des Français, doit obligatoirement être un des grands leaders du monde de demain (i.e. du Nouveau Système Mondial), et pas uniquement un pantin cantonné dans un petit hexagone. Sans un grand Chef il ne saurait y avoir de grande Démocratie.
Conséquence IV : l'"Hypocratie" : l'impuissance et le déclin du politique... Pas besoin de développer...Ce phénomène s'accélère dans la mesure où les gens honnêtes, désintéressés et compétents, aussi courageux soient-ils, sont éjectés de la sphère du politique. En effet, dans quelques années plus aucun homme (ou aucune femme) qualifié et responsable n'acceptera de prendre une charge politique, en dehors de celles qui sont au sommet de la pyramide et donc loin du terrain et de l'action, en raison de l'impossibilité pratique de faire quelque chose de positif (lourdeur administrative, mafia des partis et des potentats locaux, démocratie du non...) et du risque personnel encouru de plus en plus fort...Il en résulte que seuls les professionnels de la magouille et les marionnettes peuvent subsister dans l'univers vérolé et mafieux de la démagogie-spectacle : en ce sens, et seulement en ce sens, la politique est un "métier" ! Si vous souhaitez faire carrière en politique, une règle absolue : n'ayez aucune idée et aucune conviction personnelles ! Au mieux dites, mieux que vos adversaires, ce que les gens veulent entendre ; dites que vous allez faire ce que les médias ou les sondages disent que le "peuple" veut que vous fassiez (allez vérifier !?), mais ne le faites surtout pas (ce serait mauvais pour vous et très mauvais pour lui) ! Conscients de leur impuissance les politiques essaient de sauver la face en occupant le terrain médiatique et en se consacrant avec zèle à la seule chose qu'ils savent faire : voter des textes (généralement contraignants, rarement libérateurs d'énergie) à l'utilité sociale douteuse mais au rendement financier de plus en plus performant : "encadrer (et contrôler) plus pour pomper plus"...
Conséquence V : l'Hypernormalisation,donc lafin de la différence ; fin de la complexité (tout norme est réductrice) ; fin du spirituel ; fin de l'intelligence, de la conscience et de l'initiative individuelles, libres, différenciées et solidaires ; fin du savoir personnel et autonome ; disparition des cultures et des repères ; disparition de la recherche fondamentale...Et, last but not least : "faim" dans le monde (mortalité, carences, insécurité alimentaire) et "malbouffe sécuritaire" ! L'hypernormalisation (surproduction de normes :lois, règles, standards, labels, autorisations, certifications, accréditations, interdictions, pressions, contrôles, menaces, sanctions, répressions,...) est particulièrement développée en France où elle trouve un terrain extrêmement favorable en raison de son Étatisme et de son Corporatisme hypertrophiés. La normalisation, lorsqu'elle est excessive, tue la diversité et brise les énergies et les talents : - Exemple 1) : Il suffit d'observer la vague de standardisation stérilisante qui s'abat non seulement sur les entreprises (passe encore) mais aussi sur tout notre système éducatif (c'est beaucoup plus grave pour l'avenir) et, en particulier, sur nombre de grandes écoles et d'universités en quête d'argent - donc prêtes à toutes les soumissions - et de reconnaissances internationales - faute de renommée naturelle générée par la seule qualité des hommes, des formations et des recherches - donc d'accréditations et de classements flatteurs ! - Exemple 2) : Wikipedia, l'encyclopédie, collaborative, "libre" (et gratuite !) du net, est en réalité une entreprise communautaire hypernormalisatrice dont un principe de fonctionnement est, de facto, la censure "collective" confiée aux bons soins, au premier niveau, d'une majorité d'anonymes, au second niveau, d'une minorité de petits Saint-Just élevés au grade d'"administrateur"...Pour s'en convaincre : http://wikipedia.un.mythe.over-blog.com, http://wikiscanner.virgil.gr. A tous ceux qui pensent que Wikipedia est une des plus belles aventures de la connaissance humaine je dis oui, mais à condition de relever rapidement le défi de l'hypernormalisation démocratique par le bas : 1°) ne pas confondre quantité (des articles), vitesse ("wiki") de mise en ligne et...qualité (contenu) ; 2°) ne pas confondre transparence de la règle commune et opacité arbitraire de son application individuelle (par des "administrateurs", difficilement contrôlables, ou par n'importe quel internaute anonyme, pour le coup totalement incontrôlable) ; 3°) ne pas confondre neutralité conservatrice et ouverture novatrice, liberté et diversité, convention et vérité, notoriété sociale (de l'auteur) et valeur (de son apport), actualité temporelle et intérêt universel... Ne pas confondre, enfin, et surtout, "accès" à la connaissance et connaissance "accessible" ! Hypernormalisation et Totalitarisme ne sont qu'une seule et même chose horrible. Il est encore temps de s'en rendre compte et d'anticiper. Faute de quoi on s'appercevra - trop tard - qu'Hitler était un enfant de coeur et le "Big Brother" d'Orwell une "nano"-"Alice aux Pays des Merveilles" !
Conséquence VI : L'Hyperémotion sécuritaire. La montée de l'irrationnel, de l'émotion, des peurs (la dernière campagne présidentielle en a été une forte et triste illustration) ; infantilisation ; autoritarisme ; abêtissement* uniforme* ; fin des convictions, victoire des idées simplistes et des dogmes réducteurs ; démagogie-spectacle ; communautarisme ; hystérie sécuritaire et policière (et ses corollaires, l'hyperprécaution* et l'hyperrépression : entre le radar et le taser l'homme ordinaire n'a qu'un seul droit : celui de ne pas penser, de marcher droit et de fermer sa gueule !) ; folies terroristes (développement anarchique d'une contre-civilisation parallèle purement négative)...et, au final, montée de la bonne conscience à deux balles (du moment que çà ne remet pas en cause notre manière de vivre, dons et comportements "citoyens" de toutes natures, de toutes origines, se multiplient, les larmes coulent...Un super filon que ne manquent pas d'exploiter tous les professionnels du marketing et de la communication ! ). (*): Comment peut-on décider de manière non arbitraire que la "réalisation d'un dommage" incertain en l'état des connaissances scientifiques peut "affecter de manière grave et irréversible l'environnement" ? L'article V de la Charte de l'environnement (charte intégrée à la constitution), si attrayant à première vue, est en fait un blanc-seing accordé et un encouragement donné solennellement et a priori à toute position politique lâche et timide et un levier dangereusement puissant permettant la multiplication des abus de réglementation, ce dont la société française souffre déjà beaucoup trop. Le principe de précaution constitutionnalisé crée un nouveau risque, le pire de tous : celui de stériliser les énergies et les talents, notamment s'agissant de l'innovation.
Conséquence VII : l'Hypercontrôle d'une société infantilisée, sans projet, sans idéal et sans moral(e) (dans tous les sens du termes). Notre société libérée s'est affranchie des interdits moraux et autres tabous naguère intériorisés par chacun. Est-ce un progrès ? Je le pense. Mais c'est un progès très lourd à porter. En pratique chacun de nous se défile...et préfère passer la main au pouvoir qui a bien compris tout l'intérêt qu'il y avait à s'engouffrer dans la brèche créée par la mort de l'intériorisation morale ! On pourrait contrebalancer cette disparition par l'explication et l'éducation. Le problème c'est que çà ne rapporte pas, pire çà coûte ! Alors que faire ? C'est tout simple : remplacer l'insuffisance morale individuelle par la surveillance et le contrôle externe (nécessairement assorti de "sanctions" financières) ! En prenant soin pour éviter le réveil et la révolte de la masse, de nous expliquer que nous avons besoin d'être mieux protégés, et en faisant campagne contre toute les formes d'intelligence individuelle non autorisée / canalisée..
Conséquence VIII : l'Hyperinjustice. Dans notre société - en particulier dans la France de la "rupture" négative que les français ont choisi en mai 2007 - les petits, les faibles, les pauvres ne doivent pas être protégés : ils doivent au contraire disparaître ! Plus ils sont dans la merde et plus ils doivent payer plus que les autres proportionnellement à leurs moyens. "S'enfoncer plus pour payer plus !" Deux exemples pour faire comprendre à un "riche" comment cela est possible : 1) Prenons le cas d'un "chômeur" (soit dit en passant : "quel taré ! quel branleur ! quel profiteur !") qui réside en province et qui se rend à Paris pour un RV d'embauche : il ne prend pas le TGV c'est trop cher ; alors il prend sa voiture, et, pour faire des économies, il la gare dans la rue et ne prend pas l'autoroute ; résultat : au minimum deux contraventions quasi assurées (un stationnement interdit ; un radar...), sans parler de la fatigue. Au final il s'est appauvri un peu plus. Génial, non ? "L'avait qu'à travailler, ce paresseux!".2) Prenons maintenant le cas d'une mère de famille pauvre et d'un riche célibataire qui vont au supermarché pour faire leurs courses hebdomadaires. La première n'achète que des produits de première nécessité et, pourtant, le quart de son budget mensuel y passe. Le second achète surtout de l'image et du rêve, mais la fraction prélevée sur son budget est dérisoire! Normal ! "L'avaitqu'à pas être pauvre, la salope!".Les petits doivent disparaître ! Aussi bien est-il normal qu'ils "trinquent" un maximum. "Voleurs de poule et voleurs de foule" : on s'acharne contre les premiers, on se prosterne devant les seconds... Mais, heureusement, il reste la charité ! La charité - fondée sur l'idée que l'autre, lorsqu'il est dans la misère, parce qu'il nous est inférieur, doit être secouru - une valeur qui monte en flèche, surtout quand elle peut être médiatique ("charity business") et rapporte plus que ce qu'on a donné ! ROI, messieurs dames, ROI !
EN CONCLUSION : si nous ne nous remettons pas immédiatement et radicalement en cause collectivement et individuellement l'Hypernormalisation nous mènera tout droit vers l'Hypercatastrophe. Nous y serons avant 2050... A la différence de Jacques Attali (cf. son livre intéressant "Une brève histoire de l'avenir"), je ne crois pas un seul instant qu'après l'"Hyperempire" et l'"Hyperconflit" il y a nécessairement le paradis (l'"Hyperdémocratie"). Il est de bon ton de parler (faire c'est autre chose!) d'environnement durable (ce qui est autour de nous) ... Mais le véritable enjeu c'est l'HumanitéDurable (ce qui est en nous). L'Homme, avec un grand H, aura disparu bien avant que notre environnement soit en péril et nous menace. Les "Transhumains" c'est tout de suite ou jamais. L'analyse, certes optimiste et humaniste, de Jacques Attali est extrêmement dangereuse, car elle minimise l'urgence d'un changement profond et peut servir à justifier l'immobilisme (comme les religions...). Comme je suis moi-même optimiste et humaniste je lui concède, néanmoins et volontiers, que "l'évolution créatrice" l'emportera toujours sur l'évolution mécanique. Rêvons, d'accord, mais debout, la tête hors du sable, les yeux ouverts, en marchant.
[*] cf. par exemple la chaîne de radio France-Info, qui, faute d'avoir un concurrent direct indépendant sur le même registre (en théorie l'actualité - par essence renouvelée, imprévisible et variée - en continu, en pratique la répétition des mêmes infos et surtout des mêmes "chroniques"...), non seulement décrète ce qu'il faut savoir, mais proclame, en despote qui s'ignore, comment penser, ce qu'il faut faire et ne pas faire, ce qui est bien et mal, ce qui est beau, comment il faut vivre, se comporter (par exemple pour être un bon citoyen qui ne coûtera pas cher à la sécurité sociale et à la collectivité endettées), éduquer ses enfants, comment pisser mieux... ; cf. aussi les émissions TV, les magazines "people", les revues beauté/santé, etc.Bref : plus c'est con et plus c'est bon ! Vive le football !
- Ma préconisation : à mettre en oeuvre d'urgence !
Penser et construire - souplement mais résolument - un Nouveau Système Mondial, capable d'enrayer la "pan-vérolisation" de l'homme et de la planète, repris en main par le Politique*, avec l'Hommemultidimensionnel (pas seulement le consommateur dépenseur...ou le contribuable financeur !) et son Environnement comme finalité première et centrale. Attention ! Ce système doit intégrer et accepter la complexité, non comme une vertu, mais comme une nécessité : en matière sociétale ce qui est trop simple est souvent l'oeuvre du totalitarisme et/ou du dogmastisme ! La bonne direction à prendre est aussi importante que la vitesse de réalisation... Un des éléments clés de ce nouvel ordre mondial est la refonte complète du système financier (notamment monétaire) international. Ce dernier doit être fondé sur des actifs tangibles et pas uniquement sur des constructions virtuelles diaboliques...
La France - sauf si elle disparaîssait prématurément... - pourra occuper une place digne de son histoire, de sa culture, de son peuple, dans ce nouveau système à la condition qu'une grande rénovation économique (libérant la croissance) et sociale (libérant l'homme) s'opère en profondeur dans les toutes prochaines années. A cet égard le "rapport" Attali (dont tout le monde parle en ce début 2008) constitue une précieuse ressource qu'il serait vraiment dommage de sacrifier sur l'autel des corporatismes (ex.: les Taxis), des préjugés et de la défense des intérêts des privilégiés, des puissants et surtout des innombrables institutions inutiles en place (ex. : les Départements et toute la clique des notables, des élus et des fonctionnaires qui n'existent que par et pour ces territoires, ou plutôt ces chasses gardées)...
Le respect, la préservation et l'accroissement delaDiversité, de la pluralité, de la différence, condition sine qua non de la "dévérolisation" et, partant, de la résurrection de notre civilisation. En agroalimentaire cette recommandation concerne notamment, et là comme ailleurs, l'offre, la qualité, la concurrence (il faut tout faire à cet égard pour redonner du pouvoir, individuellement et collectivement, aux PME, face à la Grande Distribution et aux Multinationales : - certes, mais le pouvoir qu'on prend est toujours meilleur que celui qu'on vous donne !). Tout en réorientant progressivement, souplement mais sûrement, l'agriculture conventionnelle il faut encourager et soutenir fortement les initiatives qui favorisent la bio-diversité et préservent l'environnement, surtout lorque les bilans écologiques et énergétiques globaux des modes de production alternatifs qu'elles génèrent sont incontestablement meilleurs que ceux des modes conventionnels de référence (éco-carburants, intrants réduits, moins d'eau, fertilité préservée, circuits courts...).
UneEuropePolitique (donc supranationale !), unie et forte, respectueuses des singularités nationales et régionales, des cultures et des terroirs.
UneEurope Agricole et une Industrie AlimentaireEuropéennes puissantes,au sein d'un Système Agroalimentaire Mondial refondé, dans lequel le principe de réciprocité permet un juste équilibre des concessions (pourquoi l'Europe, dans le cadre de l'OMC ou ailleurs, serait-elle la seule région du monde qui donne sans recevoir ? Pourquoi l'Europe serait moins égoïste que les Etats-Unis ? Pourquoi l'Agroalimentaire serait-elle une arme pour les USA et une faiblesse pur l'Europe ?). Il ne s'agit pas de fermeture, de protection, ni même de sécurisation... Il faut rester ouvert et divers (c'est ce qui distingue l'Europe du reste du monde !!!). Mais il convient de ne pas être beaucoup plus con, beaucoup plus rigide (des textes et encore des textes !) et beaucoup plus naïf que les autres ! En matière de normes, par exemple, veillons à ne pas nous imposer l'insupportable quand les autres ne sont pas en mesure de ou ne veulent pas s'imposer le minimum !
Mettre en placeun Plan Agroalimentaire Européen global, cohérent (donc supranational, n'en déplaise à ceux qui veulent le beurre et l'argent du beurre...)volontariste, ambitieux et humaniste, qui réponde à des objectifs clairement énoncés dans l'intérêt à long terme - bien compris - non seulement des Européens, mais aussi, parce que l'un ne va pas sans l'autre, dans l'intérêt de l'Humanité toute entière. L'Europe, peut et, par conséquent, doit montrer l'exemple au monde entier.
Des agricultures et des systèmes agroalimentaires plus respectueux de l'homme... et pas seulement de son environnement... Car, là aussi, l'un ne va pas sans l'autre. Ainsi le développement des agro-carburants est sûrement une bonne chose dans le principe. Encore faut-il prendre le temps de réfléchir aux moyens de le faire et aux conséquences ! Aux conséquences sur la faim dans le monde par exemple. Pour illustrer mon propos, juste quelques phrases de Jean Ziegler (rapporteur spécial à l’ONU pour le droit à l’alimentation) relevées dans le journal Libération : "100 000 personnes meurent de la faim ou de ses suites immédiates tous les jours ; toutes les cinq secondes, un enfant de moins de 10 ans meurt de faim ; 854 millions de personnes à travers le monde souffrent de malnutrition"..."Pour faire un plein de 50 litres avec du bioéthanol, il faut brûler 232 kg de maïs. Avec ça, un enfant zambien ou mexicain vit une année. Pour toutes ces raisons, je demande que le transfert de cultures vivrières vers des cultures industrielles d’agrocarburants soit interdit pendant au moins cinq ans par les Nations unies"..."Dans ce délai, la science va progresser et il sera possible d’utiliser des déchets agricoles ou les parties non utiles de la plante pour faire rouler les voitures" (in Libération 22-10-2007 : lire l'article entier).
... La liste est encore longue. Le chantier est vaste...Pensons ensemble l'agroalimentaire du futur : dans quelle société, pour quel homme ? Tous à l'ouvrage !
[*] le but du Politique n'est pas de faire des lois (il y en a beucoup trop) et d'imposer des contraintes, mais au contraire de générer et d'ouvrir le champ des possibles et des opportunités aux hommes et aux femmes de la cité. Il y en a assez de tous ces élus, de tous ces ronds de cuir archaïco-administratifs qui, du haut de leurs institutions figées ou du fond de leurs structures inutiles, ne trouvent leur légitimité et leur raison d'exister que dans la ponte de textes et de normes qui tuent la diversité et brisent les énergies et les talents ! Pourtant que fait un gouvernement, qu'est-ce qui le légitime ou le discrédite sinon les lois qu'il fait passer, après ou avant toute explication et discussion ? Bref...
■ Ce qui me caractérise et me différencie :
dans un monde uniformisant et abrutissant j'essaie de préserver ma différence et mon esprit critique
je dis ce que je pense (tout en m'adaptant à et en respectant mon auditoire)
je pense par moi-même (pour être créatif et original c'est nécessaire)
je pense global (pour faire prendre du recul, de la hauteur, c'est indispensable)
j'agis professionnellement, mais librement en conformité avec mon éthique personnelle
je m'engage, je prends des risques, j'assume, je tiens mes engagements
je respecte les gens courageux et honnêtes, même s'ils sont différents
je déteste les moutons, les hypocrites, les faux-culs, et, par-dessus tout, la jalousie et la peur qui caractérisent les petits esprits.
"Philosopher c'est apprendre à mourir" a écrit Montaigne (et avant lui Cicéron). Sûrement. Mais, de mon très très très petit petit petit point de vue, c'est aussi... apprendre à vivre !